Relis tes classiques

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Nous nous engageons ici à vous donner envie de lire ou relire des classiques de la littérature, qu'on aurait tort d'oublier sur les étagères car ils ont encore quelque chose à nous dire.

barjavel film

La Nuit des temps de René Barjavel-1968

 

Voilà une oeuvre que je voulais lire depuis très longtemps. Un “chef d’oeuvre de la SF” comme il est couramment admis.

L'Antarctique. A la tête d'une mission scientifique française, le Dr Simon fore la glace depuis ce qui semble être une éternité. Dans le grand désert blanc, il n'y a rien, juste le froid, le vent, le silence. Jusqu'à ce son, très faible. A plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l'euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Il faut savoir qu’au départ, La Nuit des Temps était un scénario destiné à être adapté par André Cayatte. Le projet est tombé à l’eau et René Barjavel a donc remanié le scénario pour le transformer en roman.

 

Verdict : le livre est très ancré dans les années 1960. J’ai regardé il y a un an ou deux L’âge de cristal de Michael Anderson, un poilant nanar de SF des années 1970, et bien j’ai revécu à peu près la même expérience en lisant le roman de Barjavel. Le film est kitsch et même hallucinogène (coiffures, costumes, décors, couleurs… : ça pique !), très seventies. Je n’ai pas pu m’empêcher de visualiser les personnages et l’action du roman autrement qu’avec mes souvenirs très colorés et androgynes du film avec Michael York… Donc toute la partie du roman qui est le récit d’Eléa (le personnage féminin principal du roman), j’ai revécu le film. Clairement. Pour la partie scientifique, j’ai essayé de me raccrocher à The Thing, mais ça ne l’a pas trop fait au final...

Je n’ai pas été emballée pour tout vous dire. J’ai trouvé tout ça terriblement daté et assez superficiel. Je n’ai pas du tout été intéressée par les personnages ou par l’histoire d’amour censée être intense et magnifique. Et j’ai eu encore beaucoup plus de mal avec les allusions sexistes, et ce dès le début de l’oeuvre : “Comment, vous, une femme, vous ne reconnaissez pas de l’or !” (ou quelque chose dans le même genre) et puis le couple qui est sauvé de l’extinction : lui parce que c’est le plus intelligent et elle, parce que c’est la plus belle. Sérieux ? Et je ne parle pas des remarques racialisantes pour ne pas dire racistes que se permet l’auteur...

 

la nuit des temps

 

Peut être que si j’avais lu ce roman au collège ou même au lycée, je ne sais pas, mais peut être aurais-je eu plus de facilités à l’apprécier ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, je ne peux pas. Et j’imagine que si quelqu’un se lançait à adapter le bouquin sur grand ou petit écran, il aurait à coeur de le moderniser et de gommer les aspects dérangeants. Alors peut être que les gens qui apprécient le livre parviennent à mettre tout ça de côté. Moi je ne n’y arrive pas.

 

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Sinon, coïncidence ou pas, mais une polémique existe quant au fait que Barjavel se serait inspiré d’un autre roman, La Sphère d’or, datant des années 1920, pour écrire son scénario -et donc son roman : les deux histoires sont très similaires et l’on a parlé de plagiat… Encore un point qui n’a pas fait pencher ma balance du côté positif…

La Nuit des Temps dans vos bibliothèques 

 

 

Elise

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Frankenstein, bouhouh, Frankenstein. Allez, ne mentez pas, ça ne fait peur à personne.

En l’occurrence :

Qui aurait peur d’un géant vert à l’air benêt avec un clou dans le cou ?


Comme beaucoup d’écrits qui sont devenus des mythes, Frankenstein a été repris, modifié, détourné. Et on a oublié par exemple que Frankenstein est le nom du scientifique qui va créer un être vivant à partir de morceaux de cadavres, et pas celui du monstre. Et on oublie aussi qu’à la base, l’être ainsi créé était vachement plus flippant que le grand niais incarné par Boris Karloff au cinéma en 1935.

 

 

Il est plutôt super grand, les cheveux noirs et longs, des yeux jaunes perçants avec une agilité, une rapidité et une force de ouf. Imaginez Spiderman x Hulk x Dracula.

 

Alors pourquoi faut-il lire ou relire ce classique ?  3 raisons simples : 

  • Pour Mary

L’ado surdouée, rebelle, féministe et indépendante qui aimait la poésie et faire criser ses contemporains puritains. A 17 ans, elle se barre de chez elle et à 19 ans, elle écrit en 3 jours ce qui restera un monument littéraire : « Frankenstein ou le Prométhée moderne ». Elle donne surtout naissance à un véritable mythe de la culture populaire, repris partout, adapté des centaines de fois, même deux siècles plus tard.

Rien que ça.

Le biopic

L’émission sur Mary Shelley et son oeuvre

podcast shelley

 

A sa publication, Frankenstein a été bien accueilli globalement. Mais pas partout, et pour vous donner une idée de l’ambiance de l’époque, voici des extraits choisis :

 « Deux autres comptes rendus de l'époque, où l'auteure est identifiée comme la fille de William Godwin, s'en prennent au fait que Mary Shelley est une femme : le British Critic déplore qu'elle ait pu oublier la douceur inhérente à son sexe, et le The Literary Panorama and National Register voit en Frankenstein une pâle imitation des romans de Mr Godwin […] par la fille même du célèbre romancier. » Wikipedia

 

Oui, tout simplement. Parce que c’est un roman facile à lire, même si sa construction est basée sur l’enchâssement de plusieurs récits.

Attention, concentration :

Un mec aventurier part explorer le grand nord et raconte tout ça à sa sœur. Un jour, alors que son bateau est bloqué dans la glace, il rencontre Frankenstein, qui va lui raconter son histoire. Et dans l’histoire de Frankenstein, il y a le monstre, qui va raconter son histoire à Frankenstein. Et le mec aventurier, vu qu’il dit tout à sa sœur, va donc tout lui raconter.
Ça paraît compliqué, mais ça ne l’est pas du tout. Ça se suit même très bien.

 

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Alors ok, le style est un peu vieillot. Si on est gentil, on peut dire qu’il a le charme désuet des romans gothiques. Les romans gothiques, c’est un peu le joli mot littéraire pour dire : les histoires qui font peur racontées par des ados. Car, tout comme les ados, on s’exprime ici avec de l’hyperbole, de l’emphase et beaucoup de points d’exclamations. En gros, quand ça va mal, ça va vraiment très mal genre la Terre s’arrête de tourner et plus rien n’a de sens. Et quand ça va bien, c’est l’extase, l’émerveillement devant la nature. Toutes les choses de la nature : un arc en ciel, une grenouille, un pissenlit.


On va tenter un parallèle :

Roman gothique = le ciel semblait peint par un démiurge inspiré par la douceur de l’univers, quelles merveilles j’avais alors sous les yeux !

Ado aujourd’hui = c’était incr’ (comprenez : incroyable)

OU

Roman gothique = j’avais l’impression d’errer dans des ruines brumeuses, le sol s’écroulait sous mes pieds tant le sens de toute chose avait disparu de l’horizon

Ado d’aujourd’hui = j’étais au bout de ma vie

 

  • Pour le futur

Frankenstein ou le Prométhée moderne nous parle des apprentis sorciers, qui vont pousser toujours plus loin les limites de la science. Ces expériences questionnent notre sens de l’éthique, qui évolue à travers les époques. Aujourd’hui, les avancées scientifiques et technologiques sont telles qu’elles posent sont sources de multiples interrogations dans plusieurs domaines : biologie de synthèse, intelligence artificielle, clonage, transhumanisme.

Si vous vous intéressez à tout ça, je vous conseille d’aller jeter un œil à notre pearltrees.

 

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Si vous voulez aller encore + loin, « Jusqu’au bout de l’extrême limite » :

https://www.franceinter.fr/histoire/revelations-sur-la-naissance-du-monstre-de-frankenstein

https://www.arte.tv/fr/videos/087704-000-A/frankenstein-la-creature-est-nee-en-suisse/

 

Enfin, si vous voulez lire, l’écouter ou le voir :

 

Le livre numérique :

http://fr.feedbooks.com/book/1472/frankenstein-ou-le-prom%C3%A9th%C3%A9e-moderne

 

Le livre audio :

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/shelley-mary-frankenstein-ou-le-promethee-moderne.html

 

La pièce de théâtre :

 

 

Et le bonus pour celles et ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout :

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Olivier, pour vous servir

 

« Voici l’histoire de Danny, des amis de Danny et de la maison de Danny. » : ainsi débute ce roman plein d’humour de Steinbeck.

Sur les hauteurs de Monterey – Californie – se trouve le quartier populaire de Tortilla Flat (bien qu’il n’ait rien de plat) où vivent les paisanos.

« Qu'est-ce qu'un paisano ? » selon l'auteur « c'est un mélange de sangs espagnol, indien, mexicain, avec des assortiments caucasiens... Il parle anglais avec un accent paisano, et espagnol avec un accent paisano »

 

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C’est donc à Tortilla Flat que se trouve la maison dont Danny, un paisano, a hérité à son retour de la guerre et celle-ci va devenir lieu de passage et d’asile pour  Pilon, Pablo, Jesus-Maria, Pirate et ses chiens ainsi que quelques autres personnages hauts en couleurs.

Ces joyeux lurons passent leur existence à acquérir, se faire offrir ou voler  quelques gallons d’alcool (qu’ils boivent dans des boites à confiture), à échanger des ragots, à philosopher, à se bagarrer, à s’aider, à séduire.

Chaque titre de chapitre évoque le contenu de la chronique désopilante de Danny et ses amis qui nous entraînent dans leur quotidien loufoque et touchant.

 

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C’est joyeux, c’est impertinent, c’est jubilatoire !

Même si en filigrane, la misère, la mort, le mépris ou l’injustice sont parfois présents, on est bien loin des autres romans de John Steinbeck, à découvrir ou à relire également.

Ce roman publié en 1935 a valu à Steinbeck son 1er prix littéraire.

 

Véronique

 

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Je viens de relire Persuasion. Persuasion, c’est l’histoire d’Anne, 28 ans, jeune femme effacée, fille cadette de Sir Elliot, un baronnet vaniteux et sot. Parce que son père a dilapidé sa fortune, la famille est obligée de louer son domaine familial pour partir s’installer dans une plus modeste demeure. C’est l’amiral Croft qui s’installe alors à Kellynch avec son épouse. Celle-ci n’est autre que la sœur de Frederick Wentworth, qu’Anne a failli épouser quelques années plus tôt…

 

Au-delà de l’histoire d’amour, Persuasion est une œuvre ironique et piquante, la dernière rédigée par Jane Austen. Nous sommes immergés dans cette société faite de codes et de rangs, que Jane Austen critique allègrement en tournant en ridicule la plupart des personnages du récit, comme elle sait si bien le faire. Vous trouvez que votre famille ne vous considère pas en tant que tel(le), comme dirait Perceval ? Attendez de rencontrer la famille d’Anne… Parce que, entre son père qui la considère comme une moins que rien, sa soeur aînée qui la regarde de haut et sa jeune soeur hypocondriaque qui l’utilise, elle n’est pas forcément aidée... Si Anne n’a pas la répartie d’une Lizzie (Orgueil et Préjugés) ou la flamme d’une Marianne (Raison et Sentiments), elle est pour moi l’héroïne la plus attachante de Jane Austen, et Persuasion en est mon roman préféré..

 

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Le livre est dans le domaine public, librement téléchargeable en ebook ou en audio.

Il a également été adapté quatre fois par ITV ou la BBC. Les versions 1995 et 2007 sont très réussies. La Médiathèque possède la seconde, ainsi, bien sûr, que le roman.

Pour en savoir + sur Jane Austen, consultez notre dossier thématique qui lui est consacré ou vous pouvez aussi écouter cette série de podcast (la compagnie des auteurs) :

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Elise

 

 

Vivien Leigh Anna Karenina

 

Sur deux années (de 1874 à 1876), Tolstoï raconte la vie et la passion amoureuse d'une femme au coeur d'une société russe aristocratique.

Anna Karénine est belle et irrésistible. Elle vit à Saint Petersbourg avec son mari et son fils et elle s'éprend d'un jeune officier qu'elle a croisé par hasard dans le train qui relie Saint Petersbourg à Moscou. L'auteur excelle dans les descriptions de ses manières de se présenter au monde et de ses tourments.

 

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Une impressionnante galerie de personnages qui fourmillent autour d'elle sont tous peints avec précision et au plus proche de leur caractère respectif.

La maîtrise du détail s'applique aussi aux évocations de la vie rurale (les parties de chasse ou les foins) et des intempéries (chutes de neige et orage). Et puis il y a ces scènes dramatiques de maladie, de naissances et de trépas qui sont rapportées avec un réalisme époustouflant.

 

Lire Anna Karénine, c'est vivre avec elle. Il est très difficile d'arriver à la fin du roman et de la quitter. L'écriture minutieuse, juste et qui prend le temps de décrire la banalité du quotidien est une pure merveille.

Envie d'être plongée au coeur d'un monument de la littérature pendant cette période de confinement.

 

Pascale

 

Edition lue : Anna Karénine / Léon Tolstoï / traduit par Sylvie Luneau  / GF Flammarion, 1988

 

Pour aller plus loin :

 

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Marcovaldo ou Les saisons en ville

Lu une première fois au début des années 80 - oui, au siècle dernier, j'étais alors une toute jeune femme - ce roman burlesque m'avait laissé un souvenir d'humour  et de quiétude. 

Sa relecture en temps de confinement - et avec le recul de l'âge - a ravivé ces sensations, ajoutant encore plus d'empathie envers ce cousin italien de Charlot, et empreintes d'une touche de nostalgie. 

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Cette chronique saisonnière sur cinq années nous raconte la réalité quotidienne de Marcovaldo. Ce pauvre manœuvre en charge d’une femme acariâtre et de nombreux enfants fait un travail répétitif et mal rémunéré qui lui permet à peine de nourrir sa famille.   

La vie citadine lui pèse, alors il cherche au cœur de cette cité industrielle les espaces verts et les végétaux qui lui rappellent la campagne d'où il vient. Et parfois, malgré ses déboires, il s'évade dans des fugues bucoliques ou par le rêve.

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Ce pourrait être banal, tristement monotone mais ce contemplatif naïf entraîne le lecteur dans d’improbables histoires qui ravissent par leur drôlerie pathétique et leur chute souvent inattendue. 

Surtout connu pour sa trilogie Nos ancêtres dont le célèbre Baron perché, conte fantastique, vision allégorique de la condition humaine, Italo Calvino nous régale ici avec un ouvrage différent et moins connu, publié en Italie en 1963. 

Surtout n'hésitez pas à le (re)découvrir !

 

Véronique

 Italo Calvino

 « Dans l’art de Calvino et dans ce qui transparaît de l’homme en ce qu’il écrit, il y a – employons le mot ancien, c’est un mot du XVIIIe siècle – une sensibilité. On pourrait dire aussi une humanité, je dirais presque une bonté, si le mot n’était pas trop lourd à porter : c’est-à-dire qu’il y a, à tout instant, dans les notations, une ironie qui n’est jamais blessante, jamais agressive, une distance, un sourire, une sympathie. » 

— Roland Barthes

 

 

"Alors qu'il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray. Fasciné par sa jeunesse, sa beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d'amitié avec lui. En plaisantant, il dit qu'une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu. Le jeune homme se déclare alors prêt à donner son âme pour que le portrait vieillisse à sa place. Celui-ci devient alors le miroir de son immoralité : alors qu'il commet son premier acte de cruauté, un pli cruel apparaît sur la bouche peinte. Perverti par Lord Henry, Dorian enchaîne les méfaits en conservant la beauté du diable tandis que son portrait s'avilit. Effrayé par le portrait, il le cache chez lui, protégé de la vue de tous, cachant honteusement le secret de son âme..."

 

 

Tout le monde connaît le fascinant roman d'Oscar Wilde. Sous l'histoire fantastique de ce portrait qui vieillit à la place de, il y a toute la vie de son auteur. D’abord la création artistique avec Dorian, œuvre d’art à part entière, ne s’altérant pas au fil du temps. Il y a le dandysme, pratiqué en maître par Wilde, et dont hérite Dorian. Il y a des répliques du controversé Lord Henry (que pourrait prononcer Wilde lui-même). Et puis il y a les allusions à l’homosexualité : alors que Wilde a tenté de cacher la sienne toute sa vie, Dorian, lui, dissimule son immoralité. Bref, le roman est un reflet de la double vie de Wilde. Cela rend cette histoire très actuelle encore plus captivante...

 

 

Le roman est dans le domaine public. Il est librement téléchargeable en version numérique :

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Vous pouvez également l’écouter :

livre audio dorian

 

 

 

 

Il y a eu de nombreuses adaptations cinématographiques du roman, pas sensationnelles. Par contre, vous pouvez retrouver le personnage de Dorian Gray dans les trois saisons de la série Penny Dreadful par ailleurs disponibles à la Médiathèque.

 

Et, bien sûr, vous (re)plonger dans le roman

 

Elise

 

Bonus :

 

 

Romance tragique dans l’univers du réalisme à la Balzac, un peu comme dans Amour, gloire et beauté.

Pourquoi avais-je gardé un souvenir pas désagréable de la Duchesse de Langeais ? Surtout parce que ce n’était pas long ? Je doute d’avoir saisi à l’époque la vraie portée de l’histoire (un homme retrouve son amour perdu, okay...) 

 

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Je suis sidérée en le relisant par les accents romantiques et désespérés de ce texte. Il y a tout Balzac, son cynisme, sa cruauté, mais sans les descriptions pesantes où s’embourbe dans mon souvenir de lycée l’écriture  réaliste  de ce grand bavard (pardon pour les fans). Pour une fois il a su rester sobre et réserver ses gros effets de manche aux passages où ils servent efficacement l’émotion ou le plaisir… la description voluptueuse de la Duchesse dans son boudoir par exemple  (parce que sinon, trois pages sur la description d’une commode, à l’époque des sms, ça reste moins efficace qu’une photo).  

 

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Le pitch. Si c’était un film, cela commencerait dans le noir, par une voix de femme, ou avec un gros plan sur un visage d’homme bouleversé. Il ne peut voir qui chante, elle est devenue une de ces nonnes anonymes dont la vue est réservée au Seigneur, mais qui, une fois l’an, chantent voilées pour un concert exceptionnel. Et cette femme, c’est Elle, il en est persuadé. Elle, qui ça elle ? Mais la Duchesse de Langeais ! Son grand amour perdu ! 

 

En lisant la suite du roman vous découvrez comment cette mondaine, « coquette »  comme l’on disait (c’est à dire une allumeuse finie), a joué de sa beauté  et de son pouvoir avec le coeur d’un homme sincère et entier. Comment elle est allée trop loin. Comment le jeu s’est retourné contre elle. Comment pourtant tout a failli bien se finir. Et quelle fut la dernière irrémédiable erreur...

Amour, haine, domination, naïveté, orgueil,  : tels sont les jeux de force décrits par Balzac comme l’essence de la séduction. Que ce soit clair, ils mènent tous à la déception. Balzac n’est pas un tendre.

 

Vous pouvez écouter le "film radiophonique" de Jean Giraudoux, diffusé la 1ère fois en 1950

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 Vous pouvez aussi télécharger le livre numérique librement et gratuitement      

duchesse de langeais

 

 

Bérénice