Sacrifice

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Sacrifice de Joyce Carol Oates

En 1987, dans un quartier noir délabré d'une ville du New Jersey, Sybilla a disparu depuis trois jours. L'adolescente est ensuite retrouvée ligotée, le corps recouvert d'excréments et d'injures racistes. Elle accuse des policiers blancs de l'avoir enlevée, battue et violée. Les tensions communautaires sont alors exacerbées et l'affaire, exploitée par les leaders religieux.

Beaucoup de livres, de films, de disques et de séries ont abordé le thème des tension interraciales aux Etats Unis. Souvent j’ai écrit ici que le sujet n’était pas ce qui importait le plus dans une œuvre, mais la façon dont le traitait. Joyce Carol Oates, titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraire, en fait une nouvelle fois la preuve.

L’autrice emploie une technique littéraire que l’on connaît si l’on déjà lu Vernon Subutex par exemple, à savoir le roman chorale où le narrateur se met dans la peau de chaque personnage pour raconter une histoire. C’est une sorte de « Stream of consciousness », cher à Virgnia Woolf, mais qui se déroule dans la tête de plusieurs acteurs d’une même épopée. Chaque point de vue est abordé, chaque angle est exploré, avec un contexte social, historique et économique finement exposé.

C’est ce procédé qui permet de saisir toutes les facettes d’une situation donnée, qui renouvelle la vision que l’on peut avoir d’une situation que l’on croirait éculée, à savoir un acte raciste dans un quartier pauvre noir américain. Ce procédé toujours qui rend parfois si dérangeante la prose de l’auteur, car elle donne à comprendre le mal, elle montre nos travers et nos contradictions. Ce qui dérange, c’est de voir à l’œuvre les rôles de chacun dans un théâtre qui se met automatiquement en place à chaque fait divers de ce genre, comme si la réalité n’était qu’une sombre répétition à laquelle nous participions sans le vouloir, de près ou de loin.

Ce fait divers s’est déroulé en 1987 dans le New-Jersey, et 30 ans après cette funeste pièce de théâtre est toujours sur le point d’être rejouée par de nombreuses troupes.

Olivier

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