Bristol

 

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 - Alors qu'est-ce que vous faites dans la région, dites-moi un peu, s'inquiète le commandant Parker.
- Disons que c'est pour un film que je suis en train de tourner, indique Robert. Comme vous voyez.
- On ne m'en avait pas averti, regrette le commandant, mais voilà qui m'intéresse beaucoup. Et quel genre de film, au juste ?
- Toujours pareil, expose Robert, l'amour et l'aventure. Avec l'Afrique et ses mystères, vous voyez le genre.
- Ah oui, soupire le commandant Parker, je vois en effet très bien le genre. Et pour votre histoire d'amour, vous avez pris quelle actrice ?
- Céleste, dit Robert. Céleste Oppen.

 

 

 

 

Avec Bristol, l'auteur nous invite dans sa cuisine. Pas celle où il prépare le dîner, non : celle où il cuisine ses phrases. Et c'est un régaI. Il écrit avec nous, devant nous, en nous prenant à témoin de ses hésitations, de ses trouvailles, de ses petits arrangements avec l'intrigue.

L'histoire ? Désuète, vous avez raison de le dire. Mais ici le plaisir n'est pas dans l'histoire qu'on raconte, mais dans la façon dont on la raconte. Et sa façon, elle est délicieuse. Ludique, malicieuse, complice.

On sourit page après page devant cette déconstruction assumée, cette façon de montrer les ficelles sans complexe. L'auteur démiurge ? Mort et enterré. À la place : un artisan qui nous montre ses outils, qui commente son travail en cours, qui nous fait entrer dans l'atelier.

Echenoz transforme l'acte d'écrire en spectacle. Et nous, lecteurs, on devient ses complices, ses témoins privilégiés.

C'est malin, c'est frais, c'est Echenoz quoi.

 

Olivier

 

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