Hamaguchi, le maître du temps qui passe.

"Alors qu'il n'arrive toujours pas à se remettre d'un drame personnel, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, accepte de monter Oncle Vania dans un festival, à Hiroshima. Il y fait la connaissance de Misaki, une jeune femme réservée qu'on lui a assignée comme chauffeure. Au fil des trajets, la sincérité croissante de leurs échanges les oblige à faire face à leur passé."
Drive My Car, c'était la découverte. Trois heures qui filent sans qu'on s'en aperçoive. Ces trajets en voiture, longs et captivants. Ces dialogues qui prennent leur temps, qui respirent. Cette ambiance unique, feutrée, contemplative. Et ce scénario, diablement bien ficelé, qui se déploie sans jamais presser le pas.

"Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin, offrant aux citadins une échappatoire tout confort vers la nature, va mettre en danger l’équilibre écologique du site et affecter profondément la vie de Takumi et des villageois..."
Avec Le Mal n'existe pas, Hamaguchi pousse encore plus loin. Et là, attention : on croit d'abord à un film à thèse. Nature pure contre méchante urbanisation. Trop facile, non ? Eh bien oui, justement. Trop facile pour Hamaguchi.
Ce qui paraît manichéen au début se révèle d'une complexité redoutable. Le personnage principal ? Hypnotique. Hamaguchi le filme dans ses gestes du quotidien avec une précision de chirurgien. On le regarde couper du bois, marcher en forêt, et on ne décroche pas une seconde.
Et puis il y a l'enfant. Et cette fin. Tout bascule, encore.
Hamaguchi a cette capacité rare de transformer le temps en matière première. Ses films ne durent pas, ils s'installent. Ils nous habitent. Et quand on sort de la salle, on a l'impression d'avoir vécu quelque chose d'essentiel.
Deux films, une même obsession : prendre le temps de regarder.
Olivier