Glamorama

glam

La vie de Victor Ward, mannequin vedette à New York, est faite de superficiel, d'excitation et de drogues. Mais une succession de fiascos l'oblige à partir vers l'Europe où il tombe entre les mains d'un groupe de tops models terroristes aux moeurs féroces.

Bret Easton Ellis est un auteur adulé et détesté. Depuis « Moins que zéro », ses romans ont presque toujours défrayé la chronique, au point ne plus savoir si son geste d’écrivain était dérangeant et inventif ou provocant et vain.

En me plongeant dans Glamorama (1998) cet été, donc 20 ans après, et sachant que l’auteur aime citer le nom des people et des marques de l’époque, je craignais de trouver ce roman déjà dépassé.

Bien au contraire, et autant le dire tout de suite, j’ai compris que B.E.Ellis est un auteur important parce que ce roman est à la fois terriblement ancré dans une époque et terriblement actuel.

Si l’on connaît quelque peu l’œuvre de l’auteur, on ne sera pas étonné de retrouver toutes ses obsessions : nihilisme, angoisse, violence, identité, sexe, drogue, folie ou encore le surgissement de l’étrange, voire de l’horreur, dans le quotidien.

Dans ce roman nous voyons à travers les yeux d’un narrateur mannequin nommé Victor Ward, qui gère les affaires d’une boîte de nuit, cotoyant les petites et grandes stars New-Yorkaises. Rarement le lecteur aura eu droit à un personnage principal aussi stupide (parfois) et antipathique (souvent). Prisonnier du regard de cet homme apparemment vide, subissant les événements, le lecteur en vient à douter de sa lucidité et donc de la véracité de ce qu’il décrit.

L’auteur nous propose une expérience éprouvante, qui débute par une plongée dans un milieu hype qui semble terriblement réaliste, avec un sens du dialogue extraordinaire, et se poursuit avec un thriller horrifique, apparemment barré, qui préfigure pourtant ces aberrations du Mal auxquelles nous serons confrontés dans les années qui suivront.

Olivier

OPAC Recherche Simple