lautre rimbaud

La photo est célèbre. C'est un premier communiant, cheveux sagement ramenés sur le côté, regard qui défie l'objectif. Il s'appelle Arthur Rimbaud. Mais sur le cliché d'origine posait aussi son frère aîné, Frédéric. Cet autre Rimbaud a été volontairement supprimé de l'image. Comme il fut "oublié par la plupart des biographes. Pourtant, les deux frères furent d'abord fusionnels, compagnons d'ennui dans leurs Ardennes natales. Puis leurs chemins se séparèrent. L'un a été élevé au rang de génie, tandis que l'autre, conducteur de calèche, fut banni par sa famille, effacé de la correspondance d'Arthur et dépossédé des droits sur l'oeuvre. En quoi était-il si gênant ce frère ? Pourquoi une telle conspiration familiale ? On croyait tout savoir du plus célèbre des poètes. Il restait encore une part d'ombre. Auteur de La Captive de Mitterrand, qui fut un succès critique et public, David Le Bailly signe ici un roman singulier, où la fiction se mêle à l'enquête. Il raconte, interroge, imagine et dissèque avec talent la mécanique implacable des secrets de famille.

Roman mené par l'auteur comme une enquête, à la recherche de la vérité. Pourquoi ce frère d'Arthur Rimbaud a t-il été écarté de la succession littéraire du poète ? Effacé de sa vie, par sa famille, et par tout le milieu littéraire de l'époque mais aussi de notre époque.

M.-C.

ocean

Océan mer d'Alessandro Baricco

Au bord de l'océan, à la pension Almayer, " posée sur la corniche ultime du monde ", se croisent sept personnages au destin étrange et romanesque, sept naufragés de la vie qui tentent de recoller les morceaux de leur existence. Mais leur séjour est bouleversé par le souvenir d'un hallucinant naufrage d'un siècle passé et la sanglante dérive d'un radeau. Et toujours, la mer, capricieuse et fascinante... Avec une époustouflante maîtrise, Alessandro Baricco nous offre à la fois un roman à suspense, un livre d'aventures, une méditation philosophique et un poème en prose.

A savourer. Réflexion, qualité d'écriture.

Jean-Pierre

Le Fumoir

Chaque année en France, plus de 90. 000 personnes sont hospitalisées sans leur accord en psychiatrie. C'est cette expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret dans ce livre sensible et touchant. Jeune homme, alcoolique, Marius est un jour conduit aux urgences de Saint-Anne par son frère. A son réveil, il pense qu'il va passer quelques jours entre les murs de l'hôpital pour se remettre. Jusqu'à ce qu'un médecin lui explique qu'il ne sortira... que lorsqu'il l'en jugera capable. On lui a diagnostiqué (à tort) une maladie rare, le syndrome de Korsakoff. Le voici prisonnier, isolé, dans ce lieu au temps suspendu en marge de la société. Il nous raconte l'attente, le doute, la peur, les rencontres cocasses, tristes, ou tendres.

Un récit bouleversant : aussi honnêtement que possible, Marius Jauffret retranscrit une expérience de privation de liberté « à la demande d’un tiers », et met en exergue les problèmes rencontrés par le milieu psychiatrique en France. Lors de son internement, il croisera la route de personnages hauts en couleurs, qu’il dépeint ici sans la moindre moquerie ou condescendance, rapprochant la chance qu’il a d’avoir une famille soutenante, de la malchance de ceux qui n’ont plus rien ni personne. Entre abus de pouvoir du psychiatre, insomnies, inactivité et camisole chimique, une seule échappatoire possible : le fumoir.

https://www.arte.tv/fr/videos/099493-001-A/marius-jauffret-enferme-malgre-lui/

Audrey

LAVOLTE LES FURTIFS premiere 1

Les furtifs d'Alain Damasio

Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l'exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes. Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d'une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne. Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences.

Damasio et son style inventif nous met à l'épreuve de la vie et de nos choix de société déjà trop proche. "Encagé et bouleversifiant" comme il aurait pu l'écrire, le crier, à cru s'y fier pour garder espoir en l'humanité qui avant d'être belle se montrera trop facilement des plus abjecte.

P.

phare 23

Les gardiens de phare. Pendant des siècles, ils ont assuré la sécurité des bateaux. C'est un boulot solitaire et bien souvent ingrat. Jusqu'à ce que quelque chose se passe. Qu'un bateau soit en détresse. Au XXIIIe siècle, on pratique toujours ce métier, mais dans l'espace. Un réseau de phares guide à travers la Voie lactée des vaisseaux qui voyagent à plusieurs fois la vitesse de la lumière. Ces engins ont été conçus pour être d'une solidité à toute épreuve. Ils ne connaissent jamais d'avaries. En théorie du moins... Après la trilogie Silo, Hugh Howey revient avec un roman au suspense haletant. Dans un monde en proie aux aliens et à la guerre interstellaire, il met en scène le destin d'un homme rongé par un mal tout aussi redoutable : l'infinie solitude des confins de l'espace.

Un roman de space opera avec de l'action et des explosions ? oui, un peu... mais surtout un roman sur la solitude, sur ce qui pousse un homme à l'exil volontaire...
Un roman sur la guerre ? Oui, bien sûr, mais aussi sur les traumatismes... sur la pitié... et sur la paix...
Un roman avec des aliens ? Il y en a...si l'on veut les considérer comme tels...
Un roman avec une belle histoire d'amour ? Aussi. Quoiqu'il s'agisse peut-être d'humanité...

Donc un roman plein de surprises et c'est cela que j'ai bien aimé.

Bérénice Targaryen

algerie

Olivia, petite-fille de pieds-noirs, décide de se rendre en Algérie, dix ans après le décès de sa grand-mère, avec un dossier rempli de ses souvenirs qu'elle lui a légués, afin de se confronter à son héritage familial. Elle part seule, avec dans ses bagages le numéro de téléphone d'un contact sur place, un certain Djaffar.

ENORME coup de cœur pour cette bande dessinée !!!

Comme si Olivia Burton et Mahi Grand avaient mis ma vie en mots et en images.

Magnifique.

L.

vieux

Quand un lecteur vous conseille fortement une lecture. Que cette lecture est une BD. Et que la BD c est pas forcément votre Domaine de prédilection.

Mais que vous voulez faire l’effort de lire cette série de BD pour faire bonne figure face à ce lecteur lors de sa prochaine visite à la bibliothèque....

Et que là, franchement, vous prenez un plaisir de dingue avec rires à la clé en lisant Les vieux fourneaux. À tel point que vous êtes impatiente comme une gamine la vielle de Noël (...ça tombe bien....) et que vous engloutissez les 5 volumes en râlant copieusement que «  le tome 6 ??? Il arrive quand?,,, c est long quand même !!!!! »

Merci Monsieur le lecteur. Du fond du cœur !!

Lulu

terreur

 

Voilà un petit moment que je l'ai lu, et je me rends compte que je ne peux pas ne pas en parler !

Au milieu du XIXe siècle, le HMS Erebus et le HMS Terror, de la Royal Navy, quittent l'Angleterre sous les vivats de la foule. A son bord, 129 hommes d'équipage menés par le vétéran de l'exploration polaire, l'orgueilleux Sir John Franklin, obsédé à l'idée de percer enfin le mythique passage du Nord-Ouest. C'est lui qui assurera à l'Empire britannique la domination totale des mers. Mais l'entreprise, mal préparée, et victime d'un Franklin trop pressé, tourne vite au désastre : les navires se retrouvent prisonniers des glaces. Et une créature mystérieuse rode autour des hommes...

J'ai lu ce roman suite au visionnage de son extraordinaire adaptation en série (avec Jared Harris et Ciaran Hinds), The Terror -que j'ai adorée-, et dont voici la bande annonce :


Le roman de Dan Simmons est inspiré de l'histoire vraie de l'expédition Franklin, disparue à l'été 1845. Les personnages dans leur totalité sont authentiques. Il s'agit avant toute chose d'un roman historique. Le récit de l'auteur est extrêmement précis et réaliste. La consultation de sites Internet consacrés à la désastreuse expédition Franklin nous indique à quel point il a enquêté minutieusement pour produire une oeuvre respectueuse de l'histoire, tout en mêlant à son récit d'un élément fantastique, qu'incarne la créature...

terr

Dans le paysage désolé de l'Arctique, la situation se dégrade. Les morts se succèdent et les marins sombres peu à peu dans la folie. Inéluctablement. Seuls quelques personnages résistent à ce déchainement de violence : le chirugien Goodsir -qui porte bien son nom !-, l'adorable lieutenant Irving et surtout Francis Crozier, le capitaine du Terror, dont l'évolution au fil du roman est particulièrement intéressante... 

Le roman est aussi un hommage au peuple Inuit, à travers le personnage de Lady Silence, la jeune Esquimaude méprisée par les marins, à l'exception notable d'Irving...

Passionnant de bout en bout, glaçant, haletant, le roman se dévore, très vite, malgré ses plus de 1000 pages.

E.

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Un roman qui nous plonge dans l'expédition maritime britannique de Sir Franklin à la recherche du fameux passage du Nord-Ouest. Une centaine d'hommes, 3 ans de disparition loin des radars et le retour des peurs ancestrales

Christelle

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A noter que la fin prend une direction différente de celle de la série. Et qu'elle est aussi moins sombre.